Lacets rouges et vernis noir

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samedi 2 mai 2015

À propos de caca et de non-mixité

Il y a quelques temps, j'avais écrit un article sobrement intitulé La non-mixité de dominants, c'est caca, qui s'attaquait notamment à la plaie des groupes non mixtes de mecs « proféministes » (je vous suggère d'ailleurs de lire cet article de Lamia, intitulé Homme proféministe : un oxymore).

J'ai eu le plaisir que ce texte soit un peu diffusé, notamment, et avec mon autorisation, dans le numéro deux de Suck My Glock !. Récemment, j'ai aussi découvert qu'il était diffusé par un autre site, Remuer notre merde, et, soyons honnête, ça m'a plus posé des questions que vraiment mise en joie.

Le site se présente de la façon suivante (je ne mets pas toute la description :

Nous sommes des personnes nées avec des caractéristiques physiques masculines et donc éduqués et socialisés comme hommes et oppresseurs, plus ou moins conscients de profiter et de participer à la société patriarcale.

(...)

On notera déjà le côté passablement essentialiste du truc, et on n'ose pas trop demander à ces « camarades pro-féministes »[1] comment ils considèrent les meufs trans (mais en même temps, leur avis on s'en tape un peu, il faut bien dire), ni les mecs trans d'ailleurs.

Mais au-delà, la première question que je me pose c'est : OK, Morrays, si vous reprenez mon texte c'est, j'imagine, que vous l'avez lu et que vous le trouvez intéressant, donc pourquoi vous continuez à faire de la non-mixité entre mecs ? Vous savez pas lire ou alors vous avez conscience que c'est de la merde mais vous le faites quand même, ce qui, dans le jargon du milieu, fait de vous des ennemis politiques ?

Le deuxième point, qui n'est pas négligeable, c'est que je n'ai pas donné l'autorisation à ce groupe de diffuser ce texte et qu'ils n'ont même pas eu la décence de foutre un lien vers l'endroit où ils l'avaient pompé. Bon, soyons claire, je ne suis pas hyper au taquet sur la propriété intellectuelle dans le cadre de textes militants[2], maintenant ce qui me fait chier[3] c'est que ce site a, ces derniers jours, bénéficié d'une publicité assez large sur des réseaux d'informations alternatifs (Paris Luttes Infos, Rebellyon, Indymedia Nantes par exemple) et que ça ressemble quand même furieusement à l'appropriation du travail des meufs par des mecs, surtout quand t'es même pas foutu de faire un lien pour dire d'où vient le texte. Faudrait quand même pas que les gens aillent directement lire des sites tenus par des meufs, ouh la.

Bref, petit message aux pro-fems[4] : j'attends pas de vous que vous « remuiez votre merde », comme vous dites, ce qui serait cool c'est que vous arrêtiez d'en faire.

Et petit message aux camarades mecs : sérieusement, arrêtez avec le pro-féminisme. Vous voulez soutenir les luttes féministes ? Ok, pas de soucis, mais plutôt que de prendre de la place dans les luttes féministes et de vous branler la nouille sur comment vous vous déconstruisez (ou, pour les scatophiles, sur comment vous remuez votre merde), commencez par parler des questions féministes dans les luttes qui vous concernent, et je pense par exemple à la lutte de classes (à moins que vous soyez patron en plus, là on a peut-être plus grand chose à faire ensemble). Faites en sorte que votre syndicat, votre orga politique, votre groupe antifasciste, etc., ait des positions carrées sur les questions féministes et LGBT, inclut correctement les meufs et les LGBT, etc. Vous voulez absolument faire des réunions entre gars pour réfléchir à comment vous faites de la merde ? Attendez la prochaine réu de votre orga, de votre syndicat, de votre groupe antifa, où vous vous retrouverez qu'entre mecs et réfléchissez à comment ça se fait, quelle part de responsabilité vous avez là dedans, comment vous pouvez faire pour que ça se reproduise pas. C'est pas exactement la peine de faire des réus entre mecs en plus, hein, il y a des chances que ça revienne de temps en temps.

Notes

[1] Regarde-toi, ah ah ah, regarde-toi ah ah ah

[2] Petit point juridique, cela dit : en acceptant qu'il soit diffusé dans Suck My Glock ! j'ai accepté que ce texte soit mis en license Creative Commons, mais autre que pour moi ça visait à permettre la reproduction du zine dans son intégralité et celle articles spécifiques (quoique ça se discute), nulle part n'est faite mention de cette licence sur leur site, donc ils ne se basent pas là-dessus pour l'avoir copié ou, s'ils le font, ils sont quand même en tort puisqu'ils ne respectent pas les conditions.

[3] Outre le principe d'être diffusé sur un site non-mixte mecs pour faire la caution « regardez on réfléchit quand même à notre non-mixité, mais bon on la maintient quand même même si on a conscience que c'est de la merde », cela dit c'est vrai que c'est dans le nom du site.

[4] Enfin, façon de parler, j'attends rien des pro-fems.

vendredi 29 août 2014

Sortie d'Une autobiographie transsexuelle (avec des vampires)

Je me rends compte que je n'en ai pas encore parlé sur ce blog, mais il n'est pas trop tard pour corriger ce fait : hier, le 28 août, c'était le jour de sortie d'Une autobiographie transsexuelle (avec des vampires) ! Le livre peut être commandé directement sur le site de l'éditeur, Dans Nos Histoires, ou a priori dans n'importe quelle librairie.

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Le quatrième de couverture

« J’ai conscience que, pour beaucoup de gens, je ne peux pas être une vraie lesbienne parce que je suis trans. Et j’avoue que j’ai du mal à imaginer qui pourrait tomber amoureuse d’une fille comme moi.

— Je vais te donner le même conseil qu’aux jeunes vampires qui viennent de subir leur transformation et qui ont une sale tendance à se lamenter sur le fait qu’ils sont des monstres et qu’on les regarde bizarrement : oui, c’est difficile au début, oui, les gens sont des connards, mais, non, je ne suis pas la bonne personne auprès de qui venir chercher du réconfort ou à qui déclamer des poèmes qui illustrent la douleur de ton âme tourmentée. Rassure-moi, tu n’écris pas de poèmes ? »

Afin d'avancer dans son parcours transsexuel, Cassandra décide de se procurer des hormones de manière illégale, sans se douter que l'association lesbienne à laquelle elle s'adresse sert en fait de couverture à un gang de motardes surnaturelles. A travers un univers fantastique mêlant vampires, loups-garous et sorcellerie, le roman de Lizzie Crowdagger nous raconte l'histoire d'une émancipation. 'Vous avez toujours trouvé que les biographies trans manquaient de guns et de motos ? Vous n'avez jamais compris cette obsession pour la poésie chez les auteures lesbiennes ? Alors vous aimerez Une autobiographie transsexuelle (avec des vampires), située entre 'Buffy', 'True Blood' et 'Sons Of Anarchy', mais avec plus de gouines'.

Quelques petites choses en plus

Si le quatrième de couverture n'est pas suffisant pour vous faire une idée (ou que vous avez envie de retrouver brièvement certains personnages après avoir lu le livre), j'avais aussi écrit quelques petites nouvelles centrées sur des personnages qui apparaissent dans ce roman :

Accessoirement, si vous n'avez pas d'argent pour acheter le livre, ce n'est pas la peine de le voler en magasin ou de chercher une version numérique pirate sur un site bourré de publicités, il est possible de le lire en ligne sur le site de l'éditeur.

Voilà, c'est tout pour cette annonce : j'avais prévu d'en raconter un peu plus sur l'écriture de ce livre mais je suis un peu en retard, alors ce sera pour les jours à venir, si ça vous intéresse. En attendant, j'espère que ce bouquin plaira à celles et ceux qui le liront !

Critique cinéma : X-Men : Days of the future past (sans spoilers)

Il est rare que je fasse des critiques cinéma sur ce blog. Il y a à cela une raison principale : je ne suis pas une très bonne critique. J'ai un rapport assez basique aux films et en général tout ce que je peux en dire quand je les ai aimés, c'est « c'était cool, il y avait des gros flingues, plein d'explosions et des course-poursuites ». Et comme c'est des ingrédients constitutifs de la plupart des films que je regarde, si je faisais des critiques cinéma régulières, on tournerait vite en rond.

Cela dit, il se trouve que sur le dernier X-Men, j'ai des choses à dire. Pertinentes, ça reste à voir, mais il me semblait absolument vital de les partager.

Le Diesel Test

D'abord, il convient de signaler, si vous ne l'aviez pas compris aux premiers paragraphes, que je ne fais pas trop partie des féministes hyper critiques sur ce que je regarde. J'aime bien les films d'action comme j'aime bien la junk food. Et pour les deux, je crois que je préfère les apprécier sans examiner trop en détail le genre de saletés toxiques que ça peut contenir. Comme on dit en anglais, ignorance is bliss.

Bref, je ne m'amuse pas trop en général à regarder si un film passe le « Bechdel Test ». Si vous ne connaissez pas, pous passer le Bechdel test il faut trois critères : d'abord, qu'il y ait au moins deux femmes, ensuite, qu'elles se parlent à un moment du film et, pour terminer, que ce soit d'autres choses que de mecs. Il y a paraît-il assez peu de films qui passent ce test, ce qui montre qu'il y a une certaine misogynie à Hollywood.

Bon, c'est très triste et c'est pas bien, mais quand je regarde un film, je m'intéresse surtout à savoir s'il passe le Diesel test :

  1. Est-ce qu'il y a Vin Diesel dans le film ?
  2. Est-ce que Vin Diesel met un coup de boule à un moment du film ?
  3. Est-ce que le coup de boule en question est sauté ?

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Coupons court à tout suspens : je crois bien que X-Men : jours du passé antérieur ne passe aucun de ces deux tests.

La mauvaise foi est politique

Maintenant, il y a des tristes sires qui n'ont pas la même vision du cinéma que moi, et qui aiment pinailler et décortiquer d'un point de vue politique ceux qu'ils regardent. Et parmi ces gens, il y en a qui sont un peu over the top ou, pour prendre une expression un peu plus française, qui pousse parfois un peu le bouchon dans les orties. J'ai nommé : Le cinéma est politique.

Évidemment, ils ont pas trop aimé ce film. Notamment parce que, je cite :

En faisant de Mystique une méchante qui doit être matée, le film me semble donc véhiculer un discours que l’on pourrait qualifier de « transphobe ».

La première fois que j'ai lu ça, ma première réaction a été :

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Parce qu'il faut quand même le dire, quitte à spoiler sans prévenir : il n'y a rien dans le film qui indique que Mystique est une femme trans. Mais bon, il y a quand même une justification :

Si Mystique n’est pas à proprement parler un ou une trans et que sa capacité à se métamorphoser instantanément en n’importe qui n’a pas grand-chose à voir avec les transitions effectuées dans la réalité par les trans, son pouvoir contient tout de même un potentiel subversif vis-à-vis l’ordre cis dominant.

Et attention, la justification ultime : 

Le potentiel subversif de Mystique apparaît également dans ce témoigne d’une trans, qui raconte ce qui l’a attirée dans ce personnage dès son plus jeune âge :

S'ensuit alors un témoignage de femme trans.

Et là, je trouve ça génial, parce que du coup, moi aussi je peux dire :

Si Wolverine n’est pas à proprement parler une lesbienne butch, le fait qu'il fasse de la moto et fume le cigare contient tout de même un potentiel subversif. Le potentiel féministe de Wolverine apparaît également dans ce témoignage d'une butch, qui raconte ce qui l'a attirée dans ce personnage :

  1. Wolverine a des rouflaquettes. Et c'est cool.
  2. Wolverine fume le cigare. Et c'est classe.
  3. Wolverine fait de la moto. Et plein de lesbiennes fantasment sur les motos.
  4. Wolverine met des chemises de bucherons. Les mêmes chemises que pas mal de butches.
  5. Wolverine a des griffes rétractiles. Ce qui est vachement pratique pour plein de lesbiennes pour réconcilier ongles longs et faire du sexe avec ses doigts sans trop risquer de se couper.
  6. Wolverine devient vraiment le personnage que l'on connaît à partir du moment où il subit une opération (qui transforme son squelette en Adamantium), ce qui est une dénonciation d'une vision restrictive d'un parcours transsexuel ;
  7. Wolverine, peu après cela, perd la mémoire, ce qui est là encore une dénonciation de la vision du parcours transsexuel tel qu'il est imposé, où il faut absolument oublier toute trace de son passé ;
  8. Wolverine a une moto, mais je crois que je l'ai déjà dit.

Conclusion temporaire

Ce qu'il faut conclure de tout cela, c'est que dorénavant, grâce à moi, vous pourrez dire que tout film qui a Wolverine comme héros est un film fort sur la visibilité lesbienne et trans. Malheureusement, à ma connaissance pour l'instant aucun d'entre eux ne passe le Diesel test, alors ce n'est pas parfait.

Et avec tout cela, on n'a toujours pas parlé du film dont on est censé parler, à savoir le dernier X-Men. Comme cette article commençait à se faire long, je réserve cela pour la prochaine fois. Et cette séparation tombe plutôt bien, parce que pour la suite, ça va spoiler.

jeudi 26 juin 2014

Bienveillance

« Bienveillance », c'est un bien joli mot. Être bienveillant, au final, c'est être gentil, et qui voudrait ne pas l'être ? Et lorsque des groupes militants érigent la bienveillance comme principe de fonctionnement et comme mode de régulation, il ne s'agit plus uniquement d'être gentil, mais d'être dans le camp des gentils, histoire de ne pas être dans le camp des méchants. Dans l'axe du mal, en quelque sorte.

Ce qui est fabuleux, avec la bienveillance, c'est le nombre de fois où tu peux te prendre des pains dans la gueule par des gens avec un sourire aimable, qui ne veulent que ton bien. Si on regarde l'oppression sexiste, par exemple, il est clair que celle-ci se perpétue en bonne partie par bienveillance, par ces hommes qui ne te laissent pas porter quelque chose de lourd de peur que tu te blesses, qui te font des reproches quand tu manges de peur que tu ne grossisses, qui viennent te draguer lourdement de peur que tu ne passes la nuit seule dans ton lit (ou en tout cas sans eux). De même, c'est sans doute par bienveillance que des parents ne veulent surtout pas que leurs enfants deviennent lesbiennes, gays, bi·e·s, ou trans. Et lorsque des psychiatres bloquent l'accès de personnes trans à des hormones ou à de la chirurgie, ils le font toujours par bienveillance (c'est pour leur bien, après tout, ces personnes-là ne savent pas vraiment ce qu'elles veulent et ne réalisent pas les implications d'une transition, qu'il vaut mieux leur épargner).

Bref, il paraît clair qu'il est facile d'être un oppresseur et d'être bienveillant : c'est le principe des dominants, finalement, d'avoir le sentiment de légitimité de penser faire le bien mieux que les autres.

Quand on est opprimée, ce n'est pas si facile. À force de se prendre des coups de toute part, il devient plus difficile de continuer à être bienveillante envers ceux qui les portent. On aurait peut-être envie d'être un peu malveillante, à vrai dire. D'envisager de répliquer de manière qui ne nous place pas dans le camp des gentils. Heureusement, l'injonction à la bienveillance vient corriger cela : «pardonnez-leur, car ils ne savent pas ce qu'ils font», ou, autrement dit, si on te frappe sur la joue droite, présente spontanément l'autre joue.

En cela, l'injonction à la bienveillance, de même que celle à la non-violence ou à la tolérance, est une autre façon, sans doute plus positive pour des milieux alternatifs, de vouloir préserver la paix sociale, c'est-à-dire l'ordre établi. Bref, des outils de dominants, qui aussi bienveillants soient-ils dans leur conception, ont surtout pour effet de faire taire les personnes opprimées un peu trop énervées.

Bien sûr, les bienveillants alternatifs, contrairement aux bienveillants machos et agresseurs, ont compris ce qu'il y avait de problématique lorsque l'oppression prenait un visage souriant, et vont peut-être même applaudir lorsque tu dis qu'«il y a un moment où il faut sortir les couteaux». Mais avec l'addendum non verbalisé : tu peux sortir les couteaux, ta colère, voire ta malveillance contre les Vrais Machos Agresseurs, mais pas contre eux. Eux, ils se donnent du mal, ils font des efforts, et ils mériteraient plutôt que tu leur fasses des cookies pour les récompenser de leur bienveillance. Eux, ce sont tes Alliés, au moins dans les paroles, alors il serait malavisé de malveiller.

Et si tu t'obstines à être du côté des Méchantes, ne te fais pas d'illusion, parce que bienveillance ne veut pas dire bisounours et que préserver la paix sociale vaut bien quelques dommages, fussent-ils collatéraux. Alors, avec un sourire chaleureux, une petite tape sur l'épaule et un mot de compassion, ils te jetteront dehors, te cracheront dessus et te détruiront. Et ils t'achèveront avec l'insulte suprême : «je ne visais que ton bien».

vendredi 20 juin 2014

Pièces et Main d'Œuvre, bis

Il y a déjà pas mal de temps, j'avais écrit un article sur les dérives confusionnistes de Pièces et Main d'Œuvre (PMO pour les intimes, même si ça devrait plutôt être PMŒ). Et puis, malgré mon côté post-moderniste, cyber-féministe et adepte de la french theory (quoi que cela puisse vouloir dire), je n'étais pas assez masochiste pour y retourner régulièrement. Mais, comme on dit, la curiosité a tué le chat.

Et évidemment, sans doute à cause d'un aspect sadique dû au post-modernisme, je vais vous en faire profiter un peu.

Je ne vais pas prétendre à l'exhaustivité, je n'ai fait que survoler quelques articles. Il y a notamment un long texte en quatre parties d'Alexis Escudero, qui parle en gros du danger de la PMA (Procréation Médicalement Assistée), et de la GPA (Gestation Pour Autrui), et du clonage, et de l'utérus artificiel, et de la transplantation de conscience dans des ordinateurs. Cela dit, même s'il y a quelques cris contre les cyber-post-féministes qui veulent nier les différences biologiques entre homme et femme, ça reste assez soft et c'est pas «signé» PMO, donc passons.

Surtout qu'il y a déjà une brochure assez indigeste à se mettre sous la dent, Quel éléphant irréfutable dans le magasin de porcelaine ? (Sur la gauche sociétale-libérale). Le postulat de celle-ci, ma foi pas idiot, est que le PS se sert des questions comme le mariage homosexuel pour essayer de se faire passer un peu de gauche alors qu'il a, pour le reste (et notamment d'un point de vue économique), une politique de droite.

Que fait PMO en partant de ce postulat ? Ce serait dur de résumer, parce que c'est long et que ça mélange beaucoup de trucs, donc, voilà quelques morceaux plus ou moins choisis (parmi les passages que j'ai eu le courage de lire, pour être honnête). Je vous laisse juger (parce que de toute façon il y a des mots chelous que je suis pas sûre d'avoir compris), mais rassuron nous, dans un autre texte, ils précisent ne pas être homophobes.

Un passage sur la lutte des minorités, le lobby gay, l'intersectionnalité

En désignant et nommant des minorités et des majorités, en mettant sans relâche en accusation les secondes au profit (douteux) des premières, sans cesse enfermées dans une identité victimaire, la « politique des minorités » a concentré l’attention sur les conflits qu’elle déchaînait au détriment de ceux qu’elle enfouissait. Les colonialistes n’ont pas fait autre chose pour régner au Rwanda sur les Hutus et les Tutsis. La fiction de « la politique des minorités » vise la création d’une alliance face à l’ennemi désigné, le mâle, blanc, hétérosexuel, avec lequel tout le monde a un compte à régler (et d’abord lui-même), mais tout le monde a des comptes à régler avec tout le monde (ethnies, genres, sexes, religions, fumeurs/ non-fumeurs). D’où l’intersectionnalisme qui permet à nos experts « post » de se poser en arbitres des subtilités casuistiques, en directeurs de conscience et commissaires aux bonnes mœurs

(...)

Mais les manipulateurs en sciences sociales et humaines qui ont devisé cette stratégie des valeurs et cette politique des minorités - reprise perverse des politiques d’apartheid, de « développement séparé », de ségrégation, américaine et sud- africaine - n’en sont pas à une falsification près pour instrumentaliser leurs alliés comme boucliers humains de la seule cause qui leur importe : celle qui a traversé l’incendie du sida dans les années 80, et dont ils sont issus. Comment objecter sans essuyer l’accusation d’homophobie, aussi infâmante, aussi pétrifiante aujourd’hui que celle de judéophobie (et pour des raisons voisines). Le monde doit quelque chose, doit réparation aux rescapés des crimes et des fléaux, et même au-delà, parce que l’horreur subie est irréparable.

(...)

Combien d’années faudra-t-il avant de pouvoir critiquer ce qui aux Etats-Unis se nomme le lobby gay, sans être réduit à ce même nazisme et à l’homophobie.

Un petit coup de transphobie discrète au milieu d'une énumération

Curieusement, dans ce monde post- moderne où à peu près tout se transforme en tout, les hommes en femmes et vice-versa, les humains en machines, les ordinateurs en philosophes ; dans ce monde de l’oxymore et des Merveilles où le plus improbable est de règle

Un petit amalgame discret entre luttes LGBT/féministes, pédophilie et infanticide

Il faut en finir avec l’âgisme en matière sexuelle et abolir l’interdiction des rapports entre adultes et enfants consentants, ouvrir de nouveaux droits aux mariages et filiations collectives et plurielles. Si un enfant a plein de papas et de mamans, et qu’il entretient avec certains-es d’entre eux-elles, des rapports charnels, où est le problème ? Ça dérange qui ? État paternaliste, oppresseur, hors de nos lits ! Mieux vaudrait lever le tabou de l’infanticide plutôt que de culpabiliser les femmes. Un enfant n’existe que dans un désir de parentalité. Se débarrasser d’un enfant non désiré, ce n’est pas tuer mais régler un problème. Au minimum, il faut permettre l’euthanasie post-natale en cas d’erreur de diagnostic pré-implantatoire (DPI). L’inégalité entre les cisgenres et les transgenres ne peut se réduire que par la parité dans les instances représentatives et les conseils d’administration. S’il n’y a pas assez de transgenres, on en fera, ou on leur permettra de siéger dans de multiples instances pour compenser leur moindre nombre.

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