Il y a déjà pas mal de temps, j'avais écrit un article sur les dérives confusionnistes de Pièces et Main d'Œuvre (PMO pour les intimes, même si ça devrait plutôt être PMŒ). Et puis, malgré mon côté post-moderniste, cyber-féministe et adepte de la french theory (quoi que cela puisse vouloir dire), je n'étais pas assez masochiste pour y retourner régulièrement. Mais, comme on dit, la curiosité a tué le chat.

Et évidemment, sans doute à cause d'un aspect sadique dû au post-modernisme, je vais vous en faire profiter un peu.

Je ne vais pas prétendre à l'exhaustivité, je n'ai fait que survoler quelques articles. Il y a notamment un long texte en quatre parties d'Alexis Escudero, qui parle en gros du danger de la PMA (Procréation Médicalement Assistée), et de la GPA (Gestation Pour Autrui), et du clonage, et de l'utérus artificiel, et de la transplantation de conscience dans des ordinateurs. Cela dit, même s'il y a quelques cris contre les cyber-post-féministes qui veulent nier les différences biologiques entre homme et femme, ça reste assez soft et c'est pas «signé» PMO, donc passons.

Surtout qu'il y a déjà une brochure assez indigeste à se mettre sous la dent, Quel éléphant irréfutable dans le magasin de porcelaine ? (Sur la gauche sociétale-libérale). Le postulat de celle-ci, ma foi pas idiot, est que le PS se sert des questions comme le mariage homosexuel pour essayer de se faire passer un peu de gauche alors qu'il a, pour le reste (et notamment d'un point de vue économique), une politique de droite.

Que fait PMO en partant de ce postulat ? Ce serait dur de résumer, parce que c'est long et que ça mélange beaucoup de trucs, donc, voilà quelques morceaux plus ou moins choisis (parmi les passages que j'ai eu le courage de lire, pour être honnête). Je vous laisse juger (parce que de toute façon il y a des mots chelous que je suis pas sûre d'avoir compris), mais rassuron nous, dans un autre texte, ils précisent ne pas être homophobes.

Un passage sur la lutte des minorités, le lobby gay, l'intersectionnalité

En désignant et nommant des minorités et des majorités, en mettant sans relâche en accusation les secondes au profit (douteux) des premières, sans cesse enfermées dans une identité victimaire, la « politique des minorités » a concentré l’attention sur les conflits qu’elle déchaînait au détriment de ceux qu’elle enfouissait. Les colonialistes n’ont pas fait autre chose pour régner au Rwanda sur les Hutus et les Tutsis. La fiction de « la politique des minorités » vise la création d’une alliance face à l’ennemi désigné, le mâle, blanc, hétérosexuel, avec lequel tout le monde a un compte à régler (et d’abord lui-même), mais tout le monde a des comptes à régler avec tout le monde (ethnies, genres, sexes, religions, fumeurs/ non-fumeurs). D’où l’intersectionnalisme qui permet à nos experts « post » de se poser en arbitres des subtilités casuistiques, en directeurs de conscience et commissaires aux bonnes mœurs

(...)

Mais les manipulateurs en sciences sociales et humaines qui ont devisé cette stratégie des valeurs et cette politique des minorités - reprise perverse des politiques d’apartheid, de « développement séparé », de ségrégation, américaine et sud- africaine - n’en sont pas à une falsification près pour instrumentaliser leurs alliés comme boucliers humains de la seule cause qui leur importe : celle qui a traversé l’incendie du sida dans les années 80, et dont ils sont issus. Comment objecter sans essuyer l’accusation d’homophobie, aussi infâmante, aussi pétrifiante aujourd’hui que celle de judéophobie (et pour des raisons voisines). Le monde doit quelque chose, doit réparation aux rescapés des crimes et des fléaux, et même au-delà, parce que l’horreur subie est irréparable.

(...)

Combien d’années faudra-t-il avant de pouvoir critiquer ce qui aux Etats-Unis se nomme le lobby gay, sans être réduit à ce même nazisme et à l’homophobie.

Un petit coup de transphobie discrète au milieu d'une énumération

Curieusement, dans ce monde post- moderne où à peu près tout se transforme en tout, les hommes en femmes et vice-versa, les humains en machines, les ordinateurs en philosophes ; dans ce monde de l’oxymore et des Merveilles où le plus improbable est de règle

Un petit amalgame discret entre luttes LGBT/féministes, pédophilie et infanticide

Il faut en finir avec l’âgisme en matière sexuelle et abolir l’interdiction des rapports entre adultes et enfants consentants, ouvrir de nouveaux droits aux mariages et filiations collectives et plurielles. Si un enfant a plein de papas et de mamans, et qu’il entretient avec certains-es d’entre eux-elles, des rapports charnels, où est le problème ? Ça dérange qui ? État paternaliste, oppresseur, hors de nos lits ! Mieux vaudrait lever le tabou de l’infanticide plutôt que de culpabiliser les femmes. Un enfant n’existe que dans un désir de parentalité. Se débarrasser d’un enfant non désiré, ce n’est pas tuer mais régler un problème. Au minimum, il faut permettre l’euthanasie post-natale en cas d’erreur de diagnostic pré-implantatoire (DPI). L’inégalité entre les cisgenres et les transgenres ne peut se réduire que par la parité dans les instances représentatives et les conseils d’administration. S’il n’y a pas assez de transgenres, on en fera, ou on leur permettra de siéger dans de multiples instances pour compenser leur moindre nombre.